Bamako, le 11 décembre 2023 – ATTARAM – Réunis en soixante-quatrième (64ème) session ordinaire, les Chefs d’État et de Gouvernement de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) ont rejeté dimanche 10 décembre 2023, à Abuja, en République fédérale du Nigeria, toute forme d'Alliance des États du Sahel soulignant que cette alliance aura pour conséquence la division de la région.
« La Conférence rejette toute forme d’alliance visant à diviser la région et promouvoir des intérêts régionaux en son sein » lit-on dans le communiqué avant d'inviter les États membres à veiller à l’unité d’action au plan régional, en se conformant pleinement aux décisions prises collectivement au sein de la Conférence.
La Conférence a par ailleurs engagé la Troïka à entreprendre d'urgence des visites au Burkina Faso, en Guinée et au Mali, en vue de renouer le dialogue avec les trois pays pour la mise en œuvre inclusive du programme transition.
Concernant, le Mali, les Chefs d'état de la CEDEAO se sont d'abord félicité du bon déroulement du référendum national organisé au Mali et félicité les autorités de transition pour les efforts déployés à cet effet. Cependant la conférence note avec préoccupation les réticences affichées récemment par les autorités de transition pour coopérer avec la CEDEAO dans le cadre de la mise en œuvre des programmes de transition et d’autres activités revêtant un intérêt pour la région.
Elle a déploré en outre les décisions prises unilatéralement en ce qui concerne la mise en œuvre du programme de transition qui avait été convenu avec la CEDEAO.
La Conférence a aussi engagé la Commission à continuer d’aider les États membres en transition à relever les défis sécuritaires, et à leur fournir une assistance humanitaire.
Avant de décider de la levée des interdictions de voyage dans l'espace de la CEDEAO contre les Présidents de Transition et les premiers ministres du Mali, du Burkina et de la Guinée.
« La Conférence demande aux États membres d'exempter les présidents, premiers ministres et ministres des Affaires étrangères des États membres en transition, des interdictions de voyage et des autres sanctions ciblées imposées aux trois Etats membres » peut-on lire dans le communiqué.
Concernant le Niger, la Conférence a rappelé les décisions qu'elle a prises lors de ses sommets extraordinaires tenus respectivement le 30 juillet et le 10 août 2023, sur la situation politique en République du Niger. Elle salue dans ce cadre les efforts engagés par le Président en exercice de la Conférence, Son Excellence Bola Ahmed Tinubu, Président de la République fédérale du Nigéria, en vue d'assurer un règlement pacifique de la crise politique. La Conférence déplore profondément le maintien en détention du Président Mohamed Bazoum, de sa famille et de ses collaborateurs par le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie - CNSP) et le manque d'engagement de la part du CNSP à rétablir l'ordre constitutionnel.
En conséquence, la Conférence demande au CNSP de procéder à la libération immédiate et sans condition du Président Mohamed Bazoum, des membres de sa famille et de ses collaborateurs. Elle a décidé, par ailleurs, de mettre en place un Comité des Chefs d'État composé de S.E. Faure Gnassingbé, Président de la République Togolaise, S.E. Julius Maada Bio, Président de la République de Sierra Leone, et de Représentants du Président de la République fédérale du Nigeria et du Président de la République du Bénin pour engager le dialogue avec le CNSP et les autres parties prenantes nigériennes, en vue de convenir d'une feuille de route pour une transition de courte durée, de mettre en place des organes de transition, et de faciliter la création d'un mécanisme de suivi et évaluation de la transition, en vue du rétablissement rapide de l'ordre constitutionnel.
Sur la base des résultats des discussions du Comité des Chefs d'État avec le CNSP, la Conférence pourra envisager un assouplissement progressif des sanctions imposées au Niger. Si le CNSP ne se conforme pas aux conclusions des discussions avec le Comité, la CEDEAO maintiendra l’ensemble des sanctions, et elle demandera à l'Union africaine et à ses partenaires d'appliquer les sanctions ciblées à l’encontre des membres du CNSP et de leurs associés.
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